Démosthène

Démosthène
Orateur grec

“… non seulement aucun Grec, ni apparenté aux Grecs, mais pas même un barbare de n’importe quel endroit qui peut être nommé avec les honneurs, mais un valet pestilentiel de Macédoine, d’où il n’a jamais été encore possible d’acheter un esclave décent ” – Démosthène, Troisième Philippique, 31. Les mots célèbres que cet orateur grec d’Athènes utilisait pour décrire le roi macédonien Philippe II, le père d’Alexandre le Grand, avant la conquête de la Grèce par Philippe.

Nous savons pertinemment que les anciens Grecs stéréotypaient et appelaient tous les barbares non grecs. Ceux-ci comprenaient les Perses, les Thraces, les Illyriens, les Macédoniens, etc. Les Grecs modernes affirment cependant que Philippe était grec, et que Démosthène l’appelait “non seulement pas grec, ni lié aux Grecs” et “barbare”, seulement dans le “contexte rhétorique”, qui a été suscité par la colère politique qui existait entre la Macédoine et les États grecs du sud, bien qu’il soit très clair d’après les paroles de Démosthène qu’il considère les Macédoniens et leur roi Philippe II comme des non-Grecs. Cette position grecque moderne est cependant facilement démystifiée lorsque l’on considère les deux points suivants :

a. Si les Macédoniens étaient grecs mais qu’ils étaient toujours appelés barbares et qu’ils n’étaient pas liés aux Grecs, pourquoi alors aucune autre tribu grecque n’est-elle appelée barbares et n’est-elle pas liée aux Grecs dans un “contexte rhétorique”? Il y avait de nombreux exemples où cela aurait pu se produire, il suffit de signaler la longue guerre du Péloponèse, ou l’une des nombreuses guerres constantes entre les États grecs. Pourtant, aucun spartiate, Athénien, Thébain, Épirote, n’a jamais été qualifié de non-grec ou de barbare au cours de l’un de ces conflits politiques et de guerre! Pas UNE SEULE FOIS !

b. Nous savons pertinemment que les anciens Grecs appelaient aussi les Perses barbares. Sommes-nous supposés dire maintenant, sur la base de la “logique” grecque moderne, que les Perses étaient trop une tribu grecque, mais qu’ils n’étaient appelés non-Grecs que dans un “contexte rhétorique”?

La leçon est claire. Les anciens Grecs appelaient tous les barbares non grecs, et l’argument grec moderne ne peut tout simplement pas être vrai et est franchement ridicule. Cela prouve cependant dans quelle mesure les écrivains grecs modernes iraient pour rendre les Macédoniens grecs avec force, acidifier l’histoire macédonienne et même réécrire les sentiments des anciens Grecs au cours de ce processus.

Voyons maintenant des preuves crédibles:

Alexandre revient des campagnes sur le Danube, au nord de la Macédoine. Lorsque la nouvelle lui parvint que les Thébains s’étaient révoltés et étaient soutenus par les Athéniens, il marcha immédiatement vers le sud par le col des Thermopyles. “Démosthène”, dit-il, “appelez-moi un garçon alors que j’étais en Illyrie et parmi les Triballi, et un jeune quand je marchais à travers la Thessalie; je lui montrerai que je suis un homme au moment où j’atteindrai les murs d’Athènes.’Plutarque L’âge d’Alexandre

Plutarque

“Alors que Démosthène était encore en exil, Alexandre mourut à Babylone, et les États grecs s’unirent à nouveau pour former une ligue contre la Macédoine. Démosthène s’attacha aux convois athéniens et jeta toutes ses énergies à les aider à inciter les différents États à attaquer les Macédoniens et à les chasser de Grèce.”Plutarque

La nouvelle de la mort de Philippe arriva à Athènes. Démosthène est apparu en public vêtu d’une tenue magnifique et portant une guirlande sur la tête, bien que sa fille soit morte seulement six jours auparavant. États d’Aeshines:

“Pour ma part, je ne peux pas dire que les Athéniens se soient fait du mérite en mettant des guirlandes et en offrant des sucrés pour célébrer la mort d’un roi qui, quand il était le conquérant et eux les vaincus les avaient traités avec tant de tolérance et d’humanité. Loin de provoquer la colère des dieux, c’était une action méprisable de faire de Philippe un citoyen d’Athènes et de lui rendre les honneurs de son vivant, puis, dès qu’il est tombé par la main d’un autre, d’être à côté d’eux-mêmes avec joie, de trembler sur son corps et de chanter des chants de victoire, comme s’ils avaient eux-mêmes accompli un grand exploit d’armes.”Plutarque

“Ensuite, lorsque la Macédoine était en guerre avec les citoyens de Byzance et de Périnthe, Démosthène persuada les Athéniens de mettre de côté leurs griefs et d’oublier les torts qu’ils avaient subis de ces peuples dans la guerre sociale et d’envoyer une force qui réussit à soulager les deux villes. Après cela, il partit en mission diplomatique, destinée à attiser l’esprit de résistance à Philippe et qui l’emmena dans toute la Grèce. Finalement, il réussit à unir presque tous les États en une confédération contre Philippe.”Plutarque

Sur les tirades de Démosthène sur les Macédoniens :”… nous ne nous préoccupons que du sentiment, qui est lui-même un fait historique et doit être pris au sérieux en tant que tel. Dans ces tirades, nous retrouvons non seulement la descendance hellénique du peuple macédonien (que peu acceptaient sérieusement) totalement niée, mais même celle du roi.”Ernst Badian

Toutes les citations ci-dessous tirées de Démosthène de WERNER JAEGER

Ici, dans ces extraits du livre de Jeager, vous trouverez la haine de Démosthène pour la Macédoine non seulement facilement affichée et exercée, mais sa descendance hellénique catégoriquement exclue et implicitement niée. Le fait que certains auteurs modernes attribuent une affinité hellénique aux anciens Macédoniens ne devrait pas surprendre en raison de l’impact laissé par Johan Gustav Droysen sur l’historien du début du XIXe siècle où la Macédoine est dépeinte comme un “unificateur” naturel des cités-États grecques, le même rôle joué par la Prusse et la Savoie dans l’unification allemande et italienne au XIXe siècle. “Sur cette fausse analogie, toute l’histoire grecque était maintenant reconstituée avec audace comme un processus de développement nécessaire menant tout naturellement à un seul objectif: unification de la nation grecque sous la direction macédonienne “.

Démosthène et la plupart de ses contemporains ne le voyaient pas ainsi; pour eux, la direction de la Macédoine était considérée comme la “mort de la liberté politique grecque” Certaines personnes rejettent les explosions de Démosthène comme une rhétorique politique, d’autres considèrent son abus politique de Philippe de Macédoine comme des faits historiques, indéniablement francs et véridiques. Ses sentiments sont, dans ce cas, des documents historiques fondamentaux, qui témoignent de la haine et du mépris qui couvent pour le conquérant macédonien. Les mains du sculpteur sont remplacées par sa langue tranchante. À la fin, les traits émergent à la surface sans prétention, clairs et agressifs. Démosthène contrairement à Isocrate ne masque pas ses idéaux nationaux avec une “union panhelléniste” contre les Perses, mais appelle hardiment et agressivement sa nation hellénique à un soulèvement contre le barbare du nord – le Royaume de Macédoine et son roi Philippe.

Les cris et les supplications de Démosthène ne sont pas destinés uniquement à sa bien-aimée Athènes, mais à tout Hellène épris de liberté, et même aux Perses, ennemi séculaire de la Grèce. Il appelle les Perses à rejoindre les Hellènes dans la guerre contre la Macédoine, et en même temps il les avertit que s’ils laissent les Grecs dans le pétrin, ils seraient la prochaine victime de Philippe. Comme le destin l’aurait voulu, Démosthène avait raison. En voici la preuve:

“Sur les symmories, à savoir que Démosthène était à l’origine proche d’un groupe de politiciens qui combattaient vigoureusement l’influence démocratique radicale ; en effet, ce n’est qu’à ce degré qu’on peut dire qu’il venait d’un parti quelconque. Il est vrai que dans les années suivantes, lorsqu’il est confronté au danger du joug étranger de la Macédoine, il fait naturellement appel au noble idéal de la liberté grecque.”

“Ce n’est que lorsque Démosthène combat la “tyrannie” du conquérant macédonien que l’idée de liberté prend pour lui sa véritable couleur et devient significative en tant que grand bien national.”

” Même alors, ce mot d’ordre de “liberté” sert uniquement à promouvoir sa politique étrangère; mais à ce moment-là, il est vraiment devenu un facteur essentiel dans sa conception du monde qui l’entoure, dans lequel la Grèce et la Macédoine sont des opposés polaires, inconciliables moralement, spirituellement, intellectuellement.”

” Alors toute la Thessalie lui a soumis de son propre chef. Il a été acclamé comme un libérateur et nommé commandant en chef de la confédération thessalienne. Il aurait immédiatement marché en Grèce centrale en héros conquérant et y aurait probablement mis fin d’un seul coup, si les Athéniens et les Spartiates ne s’étaient pas acharnés à envoyer des troupes auxiliaires aux Thermopyles, fermant ainsi contre lui cette porte d’entrée de l’Hellas.”

“Dans le Panégyrique, il avait exhorté à une entente entre Sparte et Athènes, afin que les Grecs puissent s’unir dans une expédition commune contre l’empire perse. Rien de ce genre n’était plus pensable. Mais la politique dont il avait maintenant de si grands espoirs offrait une solution étonnamment simple au problème pénible qui pesait lourdement sur tous les esprits le problème de ce qui devait être la relation ultime entre la Grèce et le nouveau pouvoir du Nord.”

” Si Philippe ne devait pas rester une menace permanente pour le monde grec de l’extérieur, il fallait l’impliquer positivement dans le sort de l’Hellas ; car il ne pouvait pas être échappé. Bien sûr, de l’avis de tous les États grecs de l’époque, ce problème était comparable à celui de la quadrature du cercle.”

” Mais pour Isocrate, ce n’était pas un obstacle. Il avait depuis longtemps reconnu l’impossibilité de résister à la Macédoine, et il essayait seulement de trouver le moyen le moins humiliant d’exprimer la soumission inévitable de tous les Grecs à la volonté de Philippe. Là encore, il a trouvé la solution dans un schéma d’hégémonie macédonienne sur la Grèce. Car il semble que l’apparition de Philippe dans ce rôle serait le moyen le plus efficace d’atténuer son devenir un facteur si dominant dans l’histoire grecque; en outre, cela devrait faire taire tous les préjugés grecs contre le caractère culturellement et ethniquement étranger des Macédoniens.”

” Avec l’aide du rôle qu’Isocrate lui avait assigné, il eut l’astuce de laisser sa politique de sang-froid pour l’extension du pouvoir macédonien prendre aux yeux des Grecs l’apparence d’une œuvre de libération pour l’Hellas. Ce dont il avait le plus besoin en ce moment, ce n’était pas de la force, mais une propagande habile ; et personne ne s’y prêtait aussi efficacement que le vieil Isocrate, vénérable et désintéressé, qui offrait ses services de son plein gré.”

” Philippe avait maintenant le problème de contraindre les Athéniens à reconnaître les résolutions delphiques visant Phocis; et il envoya des ambassadeurs à Athènes, où une forte opposition prévalait. Cependant, avec l’armée macédonienne à seulement quelques jours de marche de la frontière attique et en bon état de combat, Athènes était assez sans défense, et même Démosthène conseillait la soumission.”

“Lorsque Démosthène dresse sa liste des transgressions de Philippe, elle inclut son offense contre toute la Grèce, pas seulement contre Athènes; et l’accusation de négligence indigne de Démosthène vise également tous les Grecs – leur irrésolution et leur incapacité à percevoir leur cause commune.”

” C’est pourquoi il (Démosthène) les exhorte à envoyer des ambassades partout pour appeler les Grecs ensembleto pour les rassembler, les enseigner et les exhorter; mais la nécessité primordiale est de prendre eux-mêmes les mesures nécessaires et d’accomplir ainsi leur devoir.”

“Dans cet appel à l’ensemble du monde grec, Démosthène a atteint un tournant décisif dans sa pensée politique…………….Il était encore profondément enraciné dans les traditions gouvernementales d’Athènes, ne dépassant jamais les limites de sa politique classique d’équilibre des pouvoirs pour l’intérieur de la Grèce. Mais l’apparition du nouvel ennemi puissant au-delà de la frontière grecque l’obligea maintenant à emprunter une autre voie.”

“Regardant bien au-delà des réalités du monde grec, désespérément divisé en deux, il (Isocrate) avait envisagé une nation unie dirigée par le roi macédonien.”

“Cependant, en dehors de tout doute théorique sur le fait que le mouvement nationaliste des temps modernes, qui cherche à réunir en un seul état tous les individus d’un même peuple, puisse être correctement comparé à l’idée grecque du panhellénisme, les érudits n’ont pas remarqué qu’après la Paix malheureuse de Philocrate Démosthène, toute la politique était un combat sans précédent pour l’unification nationale. Au cours de cette période, il se débarrassa délibérément des contraintes de l’homme politique exclusivement préoccupé par les intérêts athéniens et se consacra à une tâche plus élevée que n’importe quel homme d’État grec avant lui ne l’avait jamais projeté ou aurait pu le projeter. À cet égard, il est tout à fait comparable à Isocrate; mais un point de contraste important demeure. La différence est simplement que Démosthène ne considérait pas cette “unification” comme une soumission plus ou moins volontaire à la volonté du conquérant; au contraire, il exigeait un soulèvement unanime de tous les Grecs contre l’ennemi macédonien.”

“Son panhellénisme était l’aboutissement d’une volonté résolue d’affirmation de soi nationale, délibérément opposée à la reddition de soi nationale demandée par Isocrate – car c’était ce que le programme d’Isocrate avait vraiment signifié, bien qu’il ait été exprimé de manière romantique comme un plan de guerre perse sous la direction macédonienne.”

” Comme le succès de son appel devait le montrer, il avait raison dans son estimation des perspectives politiques réelles d’un soulèvement réellement national maintenant que des pressions hostiles directes se faisaient sentir. Depuis l’époque des guerres perses, Hellas n’avait à aucun moment été gravement menacée de l’extérieur.”

“L’ennemi et l’urgence étaient maintenant apparus; et si les Grecs avaient encore une étincelle du sentiment d’indépendance de leurs pères, le destin qui les dépassait maintenant ne pouvait que les rassembler. Le Troisième Philippique est un puissant aveu de cette marque de Panhellénisme ; et c’est entièrement l’accomplissement de Démosthène.”

“La tâche qui a confronté Démosthène a exigé des pouvoirs d’improvisation tout à fait gigantesques; car le peuple grec n’avait pas fait de la préparation une fin en soi depuis des années comme l’avait fait l’ennemi, et il avait également du mal à s’adapter spirituellement à sa nouvelle situation. Dans le Troisième essai de Démosthène Philippique, le premier effort était de briser cette résistance spirituelle, et tout dépendait de son succès.”

” Démosthène parle d’ambassades à envoyer dans le Péloponnèse, à Rhodes et à Chios, et même au roi de Perse, pour appeler à la résistance contre le conquérant.”

Les Grecs envoyaient des ambassades au roi de Perse pour s’allier avec eux contre le conquérant de la Macédoine du Nord et son roi Philippe. Il n’est pas nécessaire d’être un érudit pour voir à travers les mensonges propagés par les Grecs d’aujourd’hui lorsqu’ils prétendent que la Macédoine faisait partie de la Grèce et que Philippe était leur roi. “C’est une illusion de penser que les anciens Macédoniens étaient grecs”.

L’appel de Démosthène à un soulèvement national gagnait lentement en force; Corinthe et Achaïe sont passées du côté athénien, Messénie, Arcadie et Argos ont été gagnées et se sont alignées derrière le programme. En mars de l’année 340, le traité était auparavant conclu à Athènes. Même Athènes et Thèbes se sont réconciliées et ont rejoint son programme national. “La véritable grandeur de ces réalisations achievements réalisations pour lesquelles les citoyens d’Athènes ont honoré Démosthène d’une couronne d’or lors de la Dionysie de 340 – a été appréciée à juste titre par les historiens antiques.”

“Si le Persan nous laisse dans le pétrin et que quelque chose doit nous arriver, rien n’empêchera Philippe d’attaquer le roi perse.”

“Pour les historiens de la vieille école, l’histoire grecque s’est terminée lorsque les États grecs ont perdu leur liberté politique; ils l’ont considérée comme une histoire fermée, s’achevant héroïquement à Chaeronea.”

“Car si une puissance non grecque, perse ou macédonienne, parvenait à la domination mondiale, la forme typique de l’État grec subirait la mort et la destruction.”

“Quiconque s’était assuré que l’hégémonie macédonienne conduirait à l’unification intérieure des Grecs, était forcément déçu. Philippe a entouré Athènes de quatre garnisons macédoniennes placées à des distances respectueuses et a laissé tout le reste à ses partisans et agents dans les villes.”

La première résolution adoptée par Synédrion à Corinthe fut la déclaration de guerre contre la Perse. “La différence était que cette guerre de conquête, décrite avec passion comme une guerre de vengeance, n’était pas considérée comme un moyen d’unir les Grecs, comme l’aurait eu Isocrate, mais simplement comme un instrument de l’impérialisme macédonien.”

“Mais bien que le peuple grec ait ainsi joué un rôle d’influence unique en tant que pionniers de la culture et, dans cette mesure, en tant qu’héritiers de l’empire macédonien, politiquement, il avait simplement abandonné les rangs des peuples libres, même si Philippe s’abstint de faire officiellement de l’Hellas une province macédonienne. Les Grecs en étaient eux-mêmes conscients.”

“Extérieurement, les cités-États “autonomes” maintenaient leurs relations avec la Macédoine à un niveau de rectitude assez strict. Intérieurement, l’époque était celle de la pression sourde et de la méfiance qui couvait, s’embrasant jusqu’à une flamme vive au moindre signe de tremblement ou de faiblesse de la domination étrangère de la Macédoine – car c’est ainsi que sa surveillance était généralement considérée. Cet état de choses atroce a continué tant qu’il restait un espoir. Ce n’est que lorsque le dernier rayon d’espoir s’est éteint et que le dernier soulèvement a rencontré le désastre que le calme s’est finalement installé sur la Grèce the le calme du cimetière.”

(Eschine tente de triompher de Démosthène pour le dernier et dernier round se retourne contre l’héroïsme de Démosthène dans “La Couronne”. Démosthène à la fin a reçu la couronne.) ” Mais bien qu’Athènes fût impuissante face à la puissance de son conquérant macédonien, elle conserva son indépendance de jugement et déclara qu’aucune histoire ne pouvait confondre Démosthène.”

“Puis quand Alexandre mourut subitement dans la fleur de son âge, et que la Grèce se releva pour la dernière fois, Démosthène offrit ses services et retourna à Athènes. Mais après avoir remporté quelques succès brillants, les Grecs perdirent leur admirable commandant Léosthène sur le champ de bataille; et ses successeurs furent tués à Crannon le jour anniversaire de Chaeronea; les Athéniens capitulèrent alors et, sous la pression des menaces de la Macédoine, se souffrirent de condamner à mort le chef de la “révolte”.”

Démosthène mourut d’une dose de poison sur l’île de Calaurie, dans l’autel de Poséidon. Quarante ans plus tard, Athènes l’a honoré pour l’éternité. Tel était le destin d’un homme dont les idéaux étaient son peuple, son pays et sa liberté. Lorsque les Grecs modernes le rejettent (pour détourner la vérité cinglante de son oratoire) comme un simple politicien et son oratoire éveillant contre la Macédoine et le conquérant macédonien comme une rhétorique politique, eux, les Grecs modernes, dénoncent le véritable esprit grec, dont ils sont eux-mêmes dépourvus.

“Le différend des érudits modernes sur le stock racial des Macédoniens a conduit à de nombreuses suggestions intéressantes. Cela est particulièrement vrai de l’analyse philologique des restes de la langue macédonienne par O. Hoffmann dans son Makedonen etc. Cf. le dernier aperçu général de la controverse dans F. Geyer et son chapitre sur la préhistoire. Mais même si les Macédoniens avaient un peu de sang grec – ainsi qu’illyrien – dans les veines, que ce soit à l’origine ou par un mélange ultérieur, cela ne nous justifierait pas de les considérer sur un pied d’égalité avec les Grecs sur le plan racial ou d’utiliser cela comme excuse historique pour légitimer les prétentions de ce peuple paysan belliqueux de le dominer sur des cousins du sud de la péninsule balkanique si loin devant eux sur le plan culturel. Il est également incorrect d’affirmer que c’est la seule façon de comprendre le rôle de la conquête macédonienne dans l’hellénisation de l’Orient. Mais nous pouvons négliger ce problème ici, car notre principal intérêt réside dans la découverte de ce que les Grecs eux-mêmes ressentaient et pensaient. Et ici, nous n’avons pas besoin de citer les déclarations bien connues de Démosthène; car Isocrate lui-même, l’homme même qui annonce l’idée d’un leadership macédonien en Hellas, désigne le peuple de Macédoine comme des membres d’une race étrangère en Phil.108. Il évite délibérément le mot barbare, mais ce mot trouve inévitablement sa place dans la lutte grecque pour l’indépendance nationale et exprime les vues de chaque véritable Hellène. Même Isocrate ne voudrait pas que les Grecs soient gouvernés par le peuple macédonien: c’est seulement le roi de Macédoine, Philippe, qui doit être le nouveau chef; et l’orateur tente de donner une preuve ethnologique des qualifications de Philippe pour cette tâche en montrant qu’il n’est pas un fils de son peuple mais, comme le reste de sa dynastie, un descendant d’Héraclès, et donc de sang grec.”

(a) Les Macédoniens ne peuvent pas être considérés comme des Grecs même s’ils avaient du sang grec dans les veines.

(b)La conquête de l’Orient par la Macédoine ne doit pas dépendre de la culture grecque.

(c)Isocrate place les Macédoniens avec des races étrangères et jusqu’ici, en dehors du monde hellénique.

(d)Isocrate prend soin de cette “race extraterrestre” pour ne pas être considérée comme des dirigeants de la Grèce. Il isole leur roi Philippe comme n’étant pas de la même race que le peuple sur lequel il gouverne.

Remarque: Le discours sur le Chersonèse a été, certes, prononcé dans une urgence spécifiquement athénienne; mais l’intérêt des Grecs dans son ensemble n’est jamais oublié. Le Troisième Philippique est entièrement dédié au danger qui menace toute la Grèce. De même, lorsque le passé et le futur sont comparés, c’est l’ensemble de l’Hellas qui est considéré, pas Athènes seule.

Encore une fois, il n’est pas surprenant que Jeager place les anciens Macédoniens en dehors du monde ethnique grec. Le fait est que lorsqu’un auteur suit les écrits des anciens biographes, il est presque impossible pour quiconque de parvenir à une conclusion différente.

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